URPS Auvergne – Rhône Alpes, par Michel JURUS

Elu à l’URPS AuRA depuis 2021 sur la liste AvenirSpe-LeBloc, voici une présentation de quelques uns des travaux en cours.

L’Union Régionale des Professions de Santé-Médecins Libéraux en Auvergne Rhône-Alpes est présidée par le docteur Sylvie Filley-Bernard d’Avenir Spé-Le bloc à la suite de la victoire aux élections régionales de notre liste.

Il est indiscutable que la ligne politique, que l’AFPEP-SNPP mène depuis plusieurs années, a été entendue par nos autres collègues médecins en particulier dans la lutte contre la financiarisation de la médecine en particulier dans les cliniques privées mais aussi dans le cœur de la pratique de ville. Cette reconnaissance existe au sein d’Avenir Spé au niveau national et aussi régional.

Nos points de convergence sont : l’Indépendance Professionnelle, la continuité des soins, la valorisation des honoraires, le secret professionnel, le respect des malades et la formation des jeunes praticiens à la pratique libérale.

Dans notre URPS, les psychiatres sont reconnus pour leur vision sur la politique du soin et dans l’engagement afin de promouvoir une pratique libérale respectueuse des patients et des praticiens.

À la différence de l’ensemble des autres syndicats médicaux et psychiatriques, nous sommes dans l’affirmation, de la nécessité de ne pas traiter les malades comme des produits du soin, qui se retrouve dans la politique de santé mentale. La psychiatrie est marginalisée, dévalorisée par le commerce qui préfère la Santé Mentale, source de bénéfices sur le dos des patients et des psychiatres. Les soins aux malades mentaux sont toujours dénoncés comme trop couteux alors que c’est une des spécialités avec le moins de moyens humains et financiers.

La Psychiatrie libérale, négligée depuis trop longtemps par les vieilles centrales syndicales engluées dans les compromis, a rallié Avenir SPE – Le Bloc qui nous offre une véritable écoute sur les spécificités de notre spécialité.

Ce ne sont pas les psychiatres qui sont responsables des plus grosses dépenses concernant la psychiatrie. Dénoncée comme premier poste de dépense, ce sont les aspects relationnels qui sont surtout attaqués alors que les surdiagnostics et sur-prescription trouvent étonnement une survalorisation. Ce qui compte, c’est la consommation et pas le soin. Il s’agit de traiter le patient comme sur une chaine de production : il faut évaluer, trier et orienter vers des non-lieux de soin mais de handicap. Ce qui coute le moins cher doit disparaitre au nom du profit des assurances. Faire des rétrécissements diagnostiques se fait au détriment de la finesse clinique et permet un droit de regard pour imposer des forfaits comme 4 consultations par an pour un bipolaire.

L’accès aux soins devient très difficile du fait de la destruction programmée de notre spécialité. La pédopsychiatrie est en voie de disparition au détriment des enfants et de leurs familles. La géronte-psychiatrie reste marginalisée. L’hôpital psychiatrique est dévasté.

Nos URPS doivent être vigilantes sur une politique de santé basée sur les soins les plus appropriés aux patients. Nous devrons promouvoir notre politique dans nos relations avec les Agences Régionales de Santé.

Nos actions SNPP, à l’URPS sont :

LES PTSM : Nous intervenons ainsi dans le Projet territorial de santé mentale – PTSM qui est dans notre région, un instrument de propagande avec des objectifs clairement exprimé de ne parler que des réussites et de passer sous silence les échecs des actions de prévention et de promotion de la santé mentale, les soins, accompagnements à l’autonomie et à l’inclusion sociale et citoyenne. La réduction de l’offre de soin et de soutien aux handicapés ainsi qu’aux familles n’est pas reconnue. Nous ne devons plus subir une politique de santé décidée par les non professionnels du soin : Affirmer être dans une profession de santé ne doit plus suffire pour imposer une politique du soin restrictive non respectueuse des patients. Nous devons être vigilants pour dénoncer les conflits d’intérêts qui pourrissent la politique de santé en France.

L’obsession dans le PTSM se fait sur le repérage précoce des troubles psychiques, l’accès au diagnostic, aux soins et aux accompagnements conformément aux données actualisées de la science et aux bonnes pratiques professionnelles. En fait les soins intéressent peu sauf en ce qui concerne la prévention et la prise en charge des situations de crise et d’urgence surtout vue comme un besoin de paix sociale.

Les autres priorités sont négligées comme

– Le parcours de santé et de vie de qualité et sans rupture, notamment pour les personnes présentant des troubles psychiques graves et s’inscrivant dans la durée, en situation ou à risque de handicap psychique, en vue de leur rétablissement et de leur insertion sociale.

– L’accès des personnes présentant des troubles psychiques à des soins somatiques adaptés à leurs besoins reste peu efficace et beaucoup de Médecins généralistes restent seuls à traiter ce problème en dehors d’une action vitrine à l’Hôpital départemental du Rhône.

– Le respect et la promotion des droits des personnes présentant des troubles psychiques, le renforcement de leur pouvoir de décider et d’agir et de la lutte contre la stigmatisation des troubles psychiques. Le paradoxe de cette priorité est que justement cette politique stigmatise des gens dans des profils pathologiques : ils sont Bipolaires, autistes, TDAH et bientôt schizophrènes considérés comme des pathologies chroniques sans nécessité se soins actifs. L’étiquette reste collée sur leur front et fait penser au projet la « tête haute », issue de l’expérience québécoise qui semble étant la traduction d’expériences australiennes et USA   crées pour réduire le cout du soin.

– L’action sur les déterminants sociaux, environnementaux et territoriaux de la santé mentale sont inexistants.

Nous intervenons aussi dans le PTSM- Périnatalité dont les travaux ne semblent intéressants aux yeux de l’ARS AuRA.

GROUPE DE TRAVAIL « SOUFFRANCE DE L’ENFANT ET SA FAMILLE »: Nous avons créé, à l’URPS, un groupe de travail qui avait, dans un premier temps, l’ambition de s’investir avec un aspect novateur, dans le Projet maison des enfants (3 à 11 ans) en partenariat avec la Métropole Lyon, le CHS Le Vinatier et les HCL. L’URPS a été totalement mis à l’écart de ce projet qui finalement était dirigé au niveau central à Paris. La maison de l’enfant sera installée dans les locaux de l’ancien Hôpital militaire de Desgenettes,) peut être en 2024. Tout est fait et organisé pour se passer des pédiatres et des pédopsychiatres. Notre URPS sera peut-être invitée à l’inauguration de la maison des enfants. CE projet montre bien la volonté, des gouvernements et des agences de conseil, de faire des vitrines plutôt que des lieux de soin.

Notre groupe de travail « Souffrance de l’enfant et sa famille »s’est alors orienté avec des médecins généralistes, des pédopsychiatres, pédiatres, sages femmes pour détecter les troubles précoces pour le nourrisson et aider les parents. Avec le docteur Jean Stagnara, pédiatre et coordinateur du collège spécialiste, nous avons le projet d’une table ronde centrée sur la pratique libérale, le vendredi 24 janvier 2025 à l’URPS dans les premiers temps de la vie (0 à 3 ans), avec différents interlocuteurs et acteurs de la périnatalité, dans le cadre de la région AuRA. Cette table ronde serait centrée sur les souffrances du nourrisson aura pour thèmeSouffrance du bébé autour de la naissance :  Affaire de tous les professionnels de santé et pour objectifs de Favoriser la communication, et la rencontre entre les professionnels libéraux, l’aspect pluridisciplinaire étant très important en périnatalité : Ouvrir aux Sage-femmes, pédiatres, pédo psychiatres, médecins généralistes, puéricultrices, préparateur en pharmacie (biberons, etc…) et éventuellement structures collectives, type CPTS, ESS, maison de santé.

Pour ce projet, nous avons proposé à des médecins libéraux non élus de participer à nos travaux en étant indemnisés comme un élu. Ceci permet, certes,  de faire découvrir l’URPS mais surtout de nous apporter l’expérience des praticiens de ville.

SOUFFRANCE AU TRAVAIL DES MÉDECINS LIBERAUX ET FINANCIARISATION DE LA MÉDECINE :»

Notre travail, au sein de l’IRPS, a proposé d’échanger autour d’un modèle d’organisation et de management bienveillant, de partager des modèles et des outils pratiques de mise en œuvre, ainsi qu’une approche pragmatique du travail en équipe à même de questionner et de tenter de répondre aux dysfonctionnements pour une meilleure satisfaction au travail : il s’agit de la démarche participative, déclinée depuis de nombreuses années mais qui peine à se mettre en place. Les lois et circulaires récentes (loi RIST et rapport CLARIS) et deux articles du code de la santé publique font aujourd’hui obligation de la mettre en place dans les établissements de santé.

L’URPS-ML AuRA a participé au premier congrès, les 9 et 10 mars 23, sur le thème de la QVT et du travail en équipe au cours d’une session sur la qualité de vie au travail dans les structures privées grâce au travail de Jean François Costemale-Lacoste et de Philippe Pradel, élus URPS-ML AuRA. . Nous avons aussi organisé un colloque Bien Vivre pour Bien Soigner en octobre 2023 grâce au travail de laCommission Santé Publique de l’URPS

LE LABORATOIRE PARTICIPATIF DE RECHERCHE EN SANTÉ : Le laboratoire participatif de recherche en santé est un projet mené par l’URPS Médecins Libéraux Auvergne-Rhône-Alpes

 (Daniele Chapuis, MG et Jean François Costemale Lacoste psychiatre) et l’INSERM. Les compétences acquises sur le terrain par les psychiatres et les généralistes libéraux ont une haute valeur ajoutée pour la recherche médicale. Forts de leur savoir expérientiel, ils peuvent nourrir les questionnements et les pratiques des recherches. La recherche participative contribue au lien entre science et société, dans des valeurs de respect de l’autonomie et de reconnaissance de chaque partie prenante.

LA TÉLÉSUPERVION : ECO-GéPsy Échange COnfraternel mGé – Psy

Le projet :Pour répondre à une demande grandissante de consultations psychiatriques, l’URPS-ML AuRA  propose une approche simple, souple et rapide afin de permettre des échanges confraternels entre médecin généraliste et psychiatre libéral par l’intermédiaire de supervision et/ou télé supervision.

Notre idée est venue de la rencontre de psychiatres avec des MG de l’URPS-ML AuRA qui se demandent comment il est possible de joindre des pédopsychiatres. Les généralistes se plaignent de l’insuffisance des structures basées sur le diagnostic qui n’apportent pas assez d’attitudes médicales pratiques et de la disparition de nombreux CMP enfants et CMPP. La pédopsychiatrie libérale ne peut pas répondre à la majorité des demandes de soins.

En poussant notre réflexion, nous avons constaté que les médecins généralistes se retrouvent  confrontés à une demande grandissante pour l’ensemble des pathologies psychiatriques complexes chez les enfants, adolescents, adultes et personnes âgées. Tout ceci sans soutien, car le travail de secteur n’est plus aussi présent efficace et les psychiatres libéraux sont saturés par les demandes.  Notre pensée se portait en 1er lieu vers les MG exerçants dans les campagnes reculées de la région (Cantal, Allier…) avec l’intention de faire des télé-supervisions pour des généralistes très éloignés de structures ou de cabinets psychiatriques. Finalement, la pénurie est partout.

Les psychiatres libéraux sont saturés, ne prennent que peu de nouveaux rendez-vous, ne veulent pas d’urgences au cabinet et des soins non programmés : l’urgence psychiatrique est beaucoup plus couteuse en termes d’énergie humaine et de temps que l’urgence somatique (sauf exception). 

Il faut trouver un moyen efficace de mettre en lien les psychiatres libéraux et les MG pour leur venir en aide.

Le concept de base : Pour soutenir des échanges confraternels efficaces, il est évident qu’une simple approche d’expertise ou de télé-expertise sera limitée dans ses effets. La supervision est souvent pratiquée en psychiatrie pour permettre à un psychiatre de partager une expérience clinique avec un superviseur. Le superviseur est en position de « méta-analyse » ce qui autorise une vision d’ensemble de la situation présentée.Cette supervision, comme la consultation du psychiatre s’inscrit souvent dans un temps plus long qu’une consultation habituelle. Le psychiatre, dans l’analyse d’une situation, fait intervenir de nombreux paramètres psychiatriques, médicaux, familiaux, sociaux et éthiques. En psychiatrie, les décisions et les projets de soins relèvent souvent d’une réflexion partagée. Chaque situation clinique révèle sa singularité et il est nécessaire de favoriser les échanges verbaux entre le psychiatre et le médecin demandeur. Le dialogue permet de déceler plus précisément des particularités qui vont assoir l’attitude clinique et thérapeutique. Une concertation, entre médecins, ne considère pas que les normes sont établies une fois pour toutes et que tous les cas sont envisageables. La supervision est aussi un moyen de soutenir l’action de nos confrères généralistes et de les soulager des tensions vives que les situations psychiatriques leur font vivre.

Les patients seront informés que le médecin va demander une concertation et qu’il lui fera ensuite une restitution. Le patient reste au cœur de la préoccupation médicale. Il ne faut pas s’interdire la possibilité d’offrir, avec accord du médecin généraliste, une consultation, ou bien un suivi, aux malades soit par le psychiatre superviseur, soit par des orientations proposées par le psychiatre.

La mise en place du projet : L’URPS-ML AuRA s’est doté d’un groupe de travail composé de Médecins Généralistes et de Médecins Psychiatres issu de la commission de Santé Publique, pour essayer de répondre à la demande des généralistes qui sont déjà surchargés de travail et doivent aussi gérer des situations humaines et psychiatriques lourdes. Faute de financement, du à l’inaction de l’ARS AURA prise par des problèmes internes, nous avons commencé par de la téléexpertise mais ceci est très insatisfaisant sur le plan de la durée et du montant du paiement car les MG sont payés 10 euros et les psychiatres le double. Pour l’instant le projet n’est pas viable sans financement.

LES CPR et CPL : Les Commissions Paritaires sont mises en place par les Conventions successives, au niveau départemental (CPL = Commission Paritaire Locale), régional (CPR) et national (CPN) pour des échanges entre les caisses et les médecins sur tout ce qui concerne la Convention, son application, ses évolutions, et les conflits éventuels. Nous participons à la CPL du Rhône et de la région. En Isère, une non élue, psychiatre, le docteur Nedjma Labbas, a accepté de nous représenter.

LES URGENCES ET LA CRISE :  Nous intervenons au niveau du SAS 69 pour le système de régulation des urgences au niveau du Rhône. Nous participons à un travail de réflexion sur la crise avec la cellule LIVE de l’hôpital de Vinatier. L’idée de plage horaire fixe pour des crises n’a pas été retenue cependant des psychiatres se sont engagés à recevoir des patients rapidement s’agissant de crise et pas d’urgence. Ce sont des patients qui faute de psychiatres en ville vont aux urgences. L’hôpital s’engage à reprendre le patient en cas d’erreur d’orientation.

Il faut prendre en compte la sécurité car dans un certain nombre de crise, il est nécessaire d’assurer un cadre où le psychiatre doit être en sécurité dans son travail. Il faut se souvenir que des crises peuvent évoluer en urgence et en troubles du comportement. Une solution proposée pour palier aux insuffisances de moyens de l’hôpital et de la psychiatre de ville, clairement décidé par l’État et ses agences de conseil, nous avons proposé que l’’hôpital puisse proposer des plages de consultations intramuros aux psychiatres de ville. Les patients doivent avoir une carte vitale et payer la consultation (APY). Il peut aussi exister aussi la possibilité que le psychiatre soit indemnisé pour chaque consultation par l’hôpital. Il peut s’ajouter un système de vacation en plus des consultations. Les indemnités de déplacement sont dues par l’hôpital. Pour l’instant, l’État ne veut pas mettre la main à la poche.

L’ENSEIGNEMENT ET LA FORMATION : L’URPS a une démarche forte et depuis longtemps sur la formation des Maitres de stage universitaire. La dégradation de la qualité de vie au travail à l’hôpital fait que de nombreux étudiants se détournent de la psychiatrie.

À l’exemple de la Médecine Générale, nous souhaitons mettre en place des filières spécifiques de stages en médecine libérale. Des psychiatres libéraux reçoivent déjà des internes. L’attractivité forte pour la psychiatrie libérale est limitée par l’accès à la formation libérale.  Notre URPS pense organiser en juin, avec la participation des internes, psychiatres hospitaliers de toutes catégories et jeunes installés, une soirée de la psychiatrie libérale sans doute au mois de juin. Par la suite, nous aviserons pour mettre en place des soirées de ce type mais aussi, un lieu d’accueil pour les jeunes médecins.

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