Téléconsultations : mais que veulent donc les pouvoirs publics ?

 

Questionnaire téléconsultations suite au courrier de la CPAM

 

Téléconsultations : mais que veulent donc les pouvoirs publics ?

 

Alors que plus de deux ans auparavant, les pouvoirs publics appelaient à favoriser le plus possible les téléconsultations au nom d’un impératif sanitaire, actuellement il devient difficile de trouver de la lisibilité dans leurs positions.

A titre d’exemple, nous apprenons par voie de presse le vote en commission d’un amendement surprenant, porté par une coalition de députés hétéroclite, qui s’il était adopté conditionnerait la réalisation d’une téléconsultation à la présence de professionnels de santé de chaque côté de l’écran. Nul doute qu’une telle réglementation mettrait fin aux téléconsultations.

Un autre exemple, plus près de nous, est l’envoi de courriers par l’Assurance Maladie menaçant de sanctions les médecins dépassant le seuil de 20% de téléconsultations.

Pourtant celles-ci sont un remarquables outil en psychiatrie, favorisant la continuité des soins et l’accès à ceux-ci pour des patients rencontrant des difficultés à se rendre dans nos cabinets, ce pour des raisons diverses, liées à leurs pathologies, leurs comorbidités, leurs domiciliations, cette liste étant loin d’être exhaustive. A l’heure où l’accès aux soins est présenté comme la priorité de l’administration, vouloir restreindre les téléconsultations à ce point apparaît comme quelque peu contradictoire.

L’AFPEP-SNPP réaffirme son engagement dans la promotion des bonnes pratiques concernant les téléconsultations, en lien avec les recommandations de l’Ordre des Médecins et de l’Assurance Maladie. Le risque de dérive mercantile est certes réel mais rien ne justifie que l’on jette le doute sur notre engagement et notre déontologie. Nous sommes en droit d’avoir des marques de confiance des pouvoirs publics et des éclaircissements sur ce qui est précisément attendu de nous.

Pour ces raisons nous appelons les psychiatres ayant reçu les courriers en question à adresser à leur Commission Paritaire Locale une demande de dérogation.

La limite actuelle de 20% de téléconsultations est-elle adaptée à notre pratique ? Les récents retours, tant dans des enquêtes internes et que dans des enquêtes de plus grande ampleur, permettent d’en douter et il est nécessaire que l’Assurance Maladie transmette les chiffres exacts dont elle dispose au niveau national. Une augmentation potentielle de ce taux sera à discuter lors des négociations conventionnelles en cours.

Il est impératif que les pouvoirs publics clarifient leur position et qu’en attendant un moratoire soit pris sur les éventuelles sanctions des médecins dits « dépasseurs », ce d’autant plus que court une rumeur qu’aucune sanction ne sera prise en attendant la prochaine convention.

Nous défendrons fermement ces positions lors d’une prochaine rencontre avec le directeur de l’Assurance Maladie et pouvons compter sur le soutien du syndicat AvenirSpé dans cette démarche.
En ces temps incertains, où l’action syndicale doit jouer pleinement son rôle, l’AFPEP-SNPP se tiendra aux côtés de ses adhérents et des psychiatres d’exercice privé.

 

Dr Thierry Toussaint
Secrétaire Général

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