Les syndicats médicaux réunis en intersyndicale décident de lutter contre le PLFSS 2026 (qui marque le désengagement de l’Etat dans le domaine de la santé), et passent à l’action :
A compter du 3 décembre :
• Suspendre l’alimentation du DMP
• Sortir massivement de l’OPTAM et de l’OPTAM-ACO
• Inviter tous les médecins libéraux de plus de 60 ans à déclarer dès aujourd’hui aux ARS leur cessation d’activité dans six mois
• Systématiser la demande de validation des arrêts de travail par le service médical via Amelipro
Étape suivante : une mobilisation historique :
Préparez-vous dès maintenant :
• à un mouvement de grève sans précédent à partir du 5 janvier en reportant dès aujourd’hui tous vos patients prévus
• à une grande manifestation nationale à Paris le mercredi 7 janvier
• à soutenir avec force “l’opération Bruxelles” initiée par Le Bloc
Puisque le Gouvernement pense pouvoir faire sans nous, montrons-lui ce qu’est réellement une France sans médecins libéraux.
Rejoignez la mobilisation :
« Du 5 au 15 janvier, la médecine libérale ne répond plus »
Comment en est-on arrivé là ?
La période politique est en plein ébullition dans le monde de la santé, et votre syndicat est au travail, au sein d’AvenirSpé, aboutissant à un appel intersyndical national.
Le PLF et le PLFSS 2026 cristallisent les tensions avec des attaques inédites, amplifiant les entorses à la Convention Médicale jusqu’à la menacer.
- Le secteur 2 serait surtaxé par le PLFSS
- Déjà ces derniers mois, l’OPTAM voit son intérêt de plus en plus réduit
- Même le secteur 1 est menacé de perte des avantages fiscaux dans le PLF.
- Les spécialités les plus « rentables » sont accusées d’être des rentiers dont le directeur de la CPAM pourrait décider unilatéralement de diminuer les tarifs de référence
- Les franchises médicales devaient être doublées pour les patients
- La non alimentation du DMP pourrait être sanctionnée (alors que le système informatique n’est toujours pas fiable)
- Tout va dans le sens d’un déremboursement progressif. Les médecins libéraux connaissent bien le système de soins, et soins aussi des patients inquiets pour l’avenir du système de soin à la française.
C’est dans ce contexte que le SNPP a participé aux Rencontres de la médecine spécialisée organisées par AvenirSpé mi-novembre, qui ont été notamment l’occasion :
- De longs échanges avec Thomas Fatôme, directeur de la CNAM
- D’une réunion entre les présidents de tous les syndicats de spécialités (verticalités) réunis au sein d’AvenirSpé (syndicat horizontal) avec la Ministre de la Santé Stéphanie Rist
- D’échanges avec Marie Daudé, directrice de la DGOS
- D’échanges avec le Pr Lionel Collet, président de la HAS
- Ainsi qu’avec Etienne Pot, délégué interministériel à la stratégie nationale pour les TND, avec les dirigeants de la FHF, la FHP, la FEHAP, la Mutualité Française…
Les débats ont été vifs, le SNPP a insisté sur la crise de la psychiatrie publique et privée, la perte progressive d’attractivité, le danger de réformes faites sans aucune concertation avec les représentants de la psychiatrie malgré l’affichage de la Grande Cause Nationale Santé Mentale (MonSoutienPsy, formation des IPA en santé mentale, amendement 159, inscription des centres experts dans le code de santé publique…).
Pendant ce temps les débats à l’Assemblée Nationale et au Sénat, puis en Commission Mixte Paritaire (encore un CMP ! 😊) continuent, pour revenir à l’Assemblée Nationale désormais. Et plus personne ne sait à quoi tout cela va aboutir, les principales mesures tombant les unes après les autres… mais risquant de réapparaitre le lendemain. La seule certitude est d’aggraver le déficit de la Sécurité Sociale, nos députés ne s’occupant que de chercher des coups de rabot vite annulés, sans aucune possibilité de réforme structurelle, ni même de chercher à améliorer les recettes.
Dans ce contexte, après avoir cherché tous les moyens de discuter pied à pied avec tous les représentants du système de santé, AvenirSpé et les autres syndicats « horizontaux » (réunissant différentes spécialités) se sont réunis en intersyndicale pour passer à l’action : voir communiqué intersyndical.
Dr Elie WINTER
Président AFPEP-SNPP
