JOURNÉE DE GRÈVE LE 13 NOVEMBRE 2015

JOURNÉE DE GRÈVE LE 13 NOVEMBRE 2015


La nouvelle loi de santé prévoit qu’au début 2017 les patients n’auront plus à faire l’avance des frais et que les médecins devront se faire payer directement par l’assurance maladie et les mutuelles. Les médecins devront attendre le paiement de leurs honoraires dans un délai prometteur de 5 jours pour les FSE et 20 jours pour les feuilles papier. Bien évidemment ce sont des promesses et les psychiatres devront faire un énorme travail de vérification et perdre du temps pour justifier les recours face aux impayés comme c’est déjà le cas aujourd’hui.
Mais le plus grave n’est pas là,  il est dans la logique du tiers payant d’instaurer tôt au tard une surveillance des pratiques médicales pour permettre une meilleure efficience du système de santé. Rapidement, les assurances privées affirmeront payer les soins à la place des malades et revendiqueront un droit de regard sur le soin. Les médecins n’auront plus de comptes à rendre à leurs malades, qui ne seront plus que des assurés. Médecins et malades seront assujettis aux groupes financiers dont l’objectif principal sera de faire du profit sous des dehors vertueux. En supprimant l’échange financier entre le patient et son psychiatre, les assurances sociales auront toute-puissance pour édicter des règles de traitement contraignantes, qui empêcheront l’inventivité pourtant indispensable à la qualité des soins prodigués à chaque personne dans sa particularité. D’autant que la généralisation des contrats d’assurance complémentaire atténue, voire efface, la différence entre assurances sociales obligatoires et complémentaires.L’opposition des médecins libéraux tient souvent à la crainte d’une étatisation de la profession. En fait, la menace est surtout une porte ouverte vers une privatisation de notre système de santé.  C’est la perte de notre indépendance professionnelle qui se profile, pour nous mettre au service des assureurs privés qui veulent s’emparer du juteux marché de la santé. Le déficit entretenu de l’assurance-maladie participe à la stratégie de la culpabilisation des médecins et entretient l’illusion du caractère providentiel des assurances privées et des mutuelles. Les responsables politiques, qui ont perdu le sens de l’intérêt commun au profit d’intérêts particuliers, participent à la destruction de la Sécurité Sociale.
Le SNPP affirme son attachement à l’acte unique et à sa revalorisation significative. Le SNPP refuse la mise en pièces de la solidarité nationale au bénéfice de groupes financiers plus préoccupés de leur enrichissement que par le développement et le maintien de soins de qualité.  Nous affirmons que notre indépendance professionnelle est indispensable à la qualité de nos soins.Le SNPP appelle à faire grève le vendredi 13 novembre 2015 pour continuer à défendre notre conception de la psychiatrie.

Michel Jurus
Secrétaire Général adjoint