Crise des urgences : les libéraux ne sont pas une variable d’ajustement

 
En ce début d’été, la « crise des urgences » revient au-devant de l’actualité avec la limitation d’activité et même parfois la fermeture de certains services et de certaines lignes de garde par manque de personnel.

Les urgences psychiatriques sont elles aussi sous tension, pour les mêmes raisons auxquelles s’ajoutent le manque de lits d’hospitalisation et la complexité administrative et judiciaire des hospitalisations sous contrainte.

Un rapport – encore un – sur cette « crise des urgences » était attendu avant le premier juillet, à l’issue d’une « mission flash » confiée au président du Samu-Urgences de France.

Avant même les conclusions de ce rapport et les préconisations qui en découleront, l’idée circulait de faire appel aux médecins libéraux et à des obligations de garde, entrainant colère et prise de position de tous les syndicats de médecins libéraux, concernés en première ligne.

Le SNPP suit avec attention les discussions en cours autour de cette « crise des urgences » qui s’inscrit dans ce que nous dénonçons comme inscrite dans une crise plus générale et programmée de la médecine et de l’organisation d’un système de santé.

Nous avons appris que certaines ARS ont commencé à contacter les psychiatres libéraux, en appelant à la solidarité régionale pour participer à l’organisation de la permanence de soins – gardes et astreintes – et participer à différentes activités de l’hôpital public, par exemple aux consultations.
Il s’agit pour l’instant d’appel au volontariat, sans qu’il soit question de réquisition.

Si le volontariat est possible, uniquement sur une base territoriale, nous sommes opposés à toute coercition concernant la participation des psychiatres libéraux aux urgences et gardes hospitalières. L’urgence psychiatrique hospitalière a des spécificités cliniques et médico-légales qui ne sont pas compatibles avec l’organisation d’un cabinet de psychiatrie libérale. De même, à ce jour, aucun équivalent du repos de sécurité n’est prévu pour les libéraux qui effectueraient une garde hospitalière. Ne pas prendre de repos expose à un risque de fatigue et donc aux risques d’accidents, en prendre un contribue à une réduction de l’offre de soins déjà très déficitaire.

Nous vous appelons à nous prévenir en cas de telles demandes et à faire preuve d’une grande vigilance.

Les psychiatres libéraux seront toujours soucieux de soigner les urgences, mais pas à n’importe quel prix. En unissant nos attentes, nous éloignerons nos épuisements.

Le Conseil d’Administration du SNPP