L’acte de supervision psychiatrique

Pour répondre à une demande grandissante de consultation psychiatrique, le Syndicat National des Psychiatres Privés propose une approche originale qui pourrait s’intégrer dans la nouvelle convention.

Notre réflexion part du premier constat que les médecins généralistes se retrouvent, encore plus aujourd’hui, à s’occuper de pathologies psychiatriques complexes. Pour soutenir des échanges confraternels efficaces, il est évident qu’une simple approche d’expertise ou de télé-expertise sera limitée dans ses effets. Les généralistes se plaignent de l’insuffisance des structures basées sur le diagnostic qui n’apportent pas assez d’attitudes médicales pratiques. Les psychiatres libéraux ont les moyens de soutenir une clinique exigeante.

En psychiatrie, les décisions et les projets de soins relèvent souvent d’une réflexion partagée. Chaque situation clinique révèle sa singularité et il est nécessaire de favoriser les échanges verbaux entre le psychiatre et le médecin demandeur. Le dialogue permet de déceler plus précisément des particularités qui vont assoir l’attitude clinique et thérapeutique.

Une supervision ne considère pas que les normes sont établies une fois pour toutes et favorise la possibilité des soins les plus adaptés pour le patient.

Elle est aussi un moyen de soutenir l’action de nos confrères généralistes et de les soulager des tensions vives que les situations psychiatriques leur font vivre.
Les patients seront informés que le médecin va demander une supervision et qu’il lui fera ensuite une restitution. Le patient reste au cœur de la préoccupation médicale.

Des honoraires raisonnables doivent pouvoir, en fonction des cas cliniques, laisser du temps pour une réflexion et des conduites à tenir efficaces.

Cette supervision pourrait de plus se faire en télé-supervision pour soutenir les médecins dans des régions démunies en psychiatres.

Enfin, cette mesure serait susceptible de répondre aux demandes d’autres spécialistes et/ou paramédicaux. Elle pourrait aussi répondre à des besoins collectifs comme une maison médicale ou autres communautés soignantes. Les analyses de la pratique se font souvent sur deux heures. Les honoraires devraient alors être revus à la hausse pour le psychiatre, compte tenu de la charge de travail demandée.

Cette approche permettrait une prise en compte de la réalité actuelle de la démographie des psychiatres sans céder à l’exigence de qualité clinique qui doit être la nôtre.

Qu’en pensez-vous ? Les négociations conventionnelles vont bientôt débuter et le moment est donc bien choisi pour faire porter nos projets. Votre avis compte.

Docteur Michel Jurus